Ouin, peut-être, mais ça se peut que je change d’idée…

Les médias québécois devaient avoir l’impression d’être l’objet d’une plaisanterie quand ils ont appris que le maire de Montréal, après avoir annoncé une hausse des taxes qui allait à l’encontre de ses promesses électorales, corrigeait la situation en annulant le budget présenté la semaine dernière.

Quant aux explications présentées, elles sont bien faibles. D’abord, un budget se prépare sur quelques mois, donc ces hausses étaient déjà envisagées au moment de la campagne électorale de novembre dernier. Ensuite, le décret de la ministre Normandeau mijotait depuis des mois et allait de tout évidence être publié avant la fin de l’année 2005.

Le maire Tremblay est loin d’être une bête médiatique ou un grand stratège politique. Quand il a le vent dans les voiles, c’est que les quelques pros des communications et de la stratégie politique qui l’entourent s’agitent dans l’ombre. Quand il commet des impairs diplomatiques ou des bourdes médiatiques, cela signifie qu’il est laissé à lui-même et que quelques-uns de ses stratèges ne sont pas là pour brasser l’appareil municipal.

Je me demande comment il en coûtera pour refaire tout le travail et possiblement imprimer du nouveau matériel…

Une réponse pour “Ouin, peut-être, mais ça se peut que je change d’idée…”

  1. Deux choses:

    – Présenter un budget qui ne respectait pas son programme électoral a été une erreur. Il l’a reconnu (faute avouée est à moitié pardonnée?) et est en voie de la corriger. Qu’est-ce que tu aurais préféré? Qu’il ne l’avoue pas? Qu’il ne la corrige pas?

    – Ma compréhension de la question du décret, c’est que le décret adopté est très différent de ce à quoi l’administration Tremblay s’attendait.

    Par exemple, sur la question de la tarification de l’eau, l’administration prévoyait facturer les villes nouvellement défusionnées en fonction de leur valeur foncière (il me semble). Par exemple, la ville A a une valeur foncière de X, elle doit donc payer Y$ à Montréal pour le service que celle-ci lui fournit, en l’occurence la fourniture d’eau potable. Il s’avère que le décret fait en sorte que la ville A va maintenant devoir payer un montant Z basé sur la quantité d’eau fournie (en kilolitres ou mégalitres, je présume). Dans plusieurs cas (peut-être tous, cette information n’a pas été rendue publique à ma connaissance), Z sera inférieur à Y, ce qui signifie des revenus inférieurs pour Montréal.

    Il faut regarder le total de l’addition des revenus perdus (par l’abolition de la hausse de taxes) d’une quarantaine de millions et des revenus inférieurs (par l’adoption d’un décret différent de ce qui était prévu) pour voir qu’il y a là une raison de refaire le budget au complet.

    MS

    (Pour être parfaitement transparent, même si je suis un simple citoyen et que c’est à ce titre que je laisse ce commentaire, j’ai travaillé à la campagne électorale de plusieurs candidats de l’UCIM au cours de l’automne. Je ne travaille pas pour la Ville, ni pour ceux que j’ai réussi à faire élire.)

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