La chaîne alimentaire…

La Chaire de relations publiques de l’UQAM a publié les résultats d’une étude sur la perception du travail des relationnistes par les journalistes. J’y ai d’abord eu accès par Infopresse qui relevait que, « (…) 50% des journalistes croient que les relationnistes favorisent la collecte d’information, tandis que le tiers d’entre eux les perçoivent comme des obstacles ». Les journalistes ont probablement tous raison, cela est relatif au dossier que défend ou promeut le relationniste… Parce que si l’on fait bien son travail, qui est d’une part de donner accès aux renseignements sur les opérations quotidiennes ou spéciales de l’organisation, d’autre part il faut parfois tâcher de détourner l’attention des médias des dossiers plus dommageables pour l’organisation.

Vous remarquerez en lisant les journaux, que les relationnistes sont souvent utilisés pour livrer une information partielle ou une ligne de presse un peu obscure du genre, « un comité s’est penché sur la question et nous comptons bien obtenir des résultats prochainement ». Le journaliste utilise cette citation en guise de réponse de la partie questionnée. Les directeurs, qui sont au haut de la chaîne, acceptent de donner des entrevues quand la situation est suffisamment limpide et documentée pour qu’ils puissent discuter d’un sujet avec un statut d’expert.

En lisant le document publié sur le site de la Chaire en rp, j’ai constaté que les femmes de la profession journalistique étaient généralement plus satisfaites du travail des relationnistes que leurs collègues masculins. Cela peut sembler étrange, mais tant à titre de journaliste que de relationniste, j’ai remarqué, – c’est une impression et je n’ai que mon expérience pour étayer cette théorie – que les hommes acceptaient moins bien que je puisse défendre un point de vue qui n’était peut-être pas le mien. Collègues relationnistes comme journalistes-clients n’ont jamais hésité à me dire, « ton nom qui apparaîtra à côté de cette citation, c’est vraiment ce que tu veux que j’écrive? ». Je répondais que c’était le point de vue de mon organisation. Tandis que les journalistes et collègues féminins s’entendaient sur le fait que les relationnistes faisaient leur travail, point à ligne.

Les attachés de presse qui travaillent en politique sont un peu à l’extérieur de cette chaîne et ont souvent un meilleur aperçu de la situation. Ils peuvent donc se permettre des réponses plus étoffées et ainsi obtenir un peu plus de crédibilité. Cela dit, pour ma part, j’en eu assez de « spinner » et même comme certains le disaient d’accoler mon nom à des citations qui ne correspondaient pas à mon éthique personnelle.

Trouvé via Infopresse

Nadia Seraiocco

Spécialiste relations publiques et médias sociaux | conférencière | blogueuse

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