Un jour, j’inventerai un émoticon qui voudra tout dire.

C’était hier le Yulblog de septembre. Début de soirée un peu tranquille, dehors un petit groupe débattait du déménagement de l’Homme de Calder, un chef-d’oeuvre monumental de l’art du vingtième siècle, en ce moment parqué sur une île. J’écoutais distraitement – oui, j’en grillais une et non je n’ai pas trouvé la volonté d’arrêter -, encore une fois les adjuvants (au sens greimassien) et les opposants argumenter.

À l’intérieur, Chris Hand (autrefois connu comme Zeke de la galerie Zeke’s) et moi discutions de Facebook, des « status updates » et des messages. Zeke me dit, « si le téléphone avait été inventé après Internet, tu imagines la stupeur des gens à qui l’on dirait de presser quelques touches pour parler à n’importe qui? » « Non? C’est si facile que ça! » Dans cette ère où l’on se parle en écrivant quelques mots ici et là et en entretenant des conversations écrites – le genre épistolier c’est tellement 18è siècle –  que dirait-on pour vendre une invention comme le téléphone? « Wow! Vous parlerez à vos amis comme s’ils étaient à côté de vous, vous entendrez leur voix et en place d’émoticons, vous pourrez moduler la note, voire rire un bon coup! » Y’a pas à dire, on n’arrête pas le progrès.

Je me demande tout de même, si un jour plutôt que de rire, on fera un geste de la main qui signifiera « : ) ». Mais, bon la sémio me brouille souvent la vue.