Sur la glace ou les cimaises

Dans un commentaire précédent, une lectrice présumait de l’identité de T. le guide de ma sortie muséale. Aussi artiste, il a donné un des meilleurs exemples que j’ai entendu au sujet de la prétendue incapacité qu’a le commun des mortel de comprendre une œuvre contemporaine. Parce qu’il faut dire que devant une œuvre abstraite ou une installation, les gens sont impatients dès qu’il faut quelques clés de lecture pour dépasser la surface.

Or, T. comparait la lecture d’une œuvre contemporaine à un but au hockey. Combien d’analyses, de retours sur image et de commentaires entourent le but de votre équipe préférée ? Comme si tout cela n’était pas assez, afin de comprendre les sentiments du coach et des joueurs face à l’ensemble de leur œuvre de la soirée, des animateurs dédient une heure complète à l’analyse des moments fatidiques du match. Le lendemain, les cahiers sportifs reprennent les commentaires… Pourtant nous avons grandis au son de l’orgue, avons assisté à des matchs, avons joué et nous ne nous étonnons pas qu’il faille une armada de commentateurs pour décrypter la game et aller au-delà de l’émotion initiale et du symbole qu’est le palais porté au but par un bâton.

Mais quand il est question d’art, c’est deux minutes devant l’œuvre, pas un mot sur la game ou penalty pour tous les joueurs !