Ces enfants surdoués

Je n’ai pas d’enfants, mais j’ai étudié en pédagogie, j’ai enseigné et je côtoie avec grand plaisir les enfants de mes amis. Cela dit, quand je lis qu’une petite fille de deux ans et 10 mois a un quotient intellectuel de 152, ça ne me réjouit pas. En plus, ça ne m’inquiète pas le moins du monde pour les petits qui ne sont pas encore membres de Mensa.

Les parents qui me lisent et qui, comme tous les parents, trouvent leur progéniture plutôt brillante, comprennent déjà où je veux en venir : cette petite fille se fout pas mal de son quotient intellectuel, mais de toute évidence ses parents ont besoin de cette fleur à leur boutonnière et ont travaillé avec la petite des mois durant pour la préparer aux tests de QI. Ben oui, pendant que vous, mauvais parents, mangiez une crème glacée avec vos rejetons, pendant que vous dépensiez à la Ronde pour faire tourner petiot ou petiote sur un manège insignifiant, y’a des parents qui veillaient au grain et qui s’assuraient que leur enfant de deux ans ferait les manchettes avec son gros quotient. Bref, la petite Georgia Brown joindra cet été le prestigieux club Mensa pour les surdoués. Or, ses souvenirs d’enfance compteront des images de surdoués mal socialisés et elle pourra faire encadrer les premiers articles qui la mentionnaient à l’âge de deux ans et 10 mois…

Tiens ça me rappelle l’histoire de cette petite de sept ans à qui son père faisait piloter un avion pour battre un record. Le père, la fille et l’instructeur sont morts dans un accident au cours de l’exécution de ce record. La météo ou le bon sens aurait recommandé qu’ils restent sur terre, mais pour battre un record on doit prendre des risques. Triste en effet.

Nadia Seraiocco

Spécialiste relations publiques et médias sociaux | conférencière | blogueuse