Le cœur a ses raisons…

J’ai vécu mon enfance à Québec dans les années « 70 ». Avant même d’avoir fréquenté mon école primaire, j’y avais été un jour d’élection avec ma mère pour voter péquiste… Enfin, elle aime bien raconter comment j’avais annoncé cela devant tout le monde. Nous vivions une époque d’ouverture, tout irait pour le mieux.

Au primaire, avec mon nom pas prononçable, j’étais parmi les petites choses les plus exotiques de mon école. Vous dire la joie secrète qui m’a envahi quand plein d’immigrés sont arrivés à la fin de la décennie « 70 ». Il y avait le petit garçon français, Vincent et sa mère enseignante (un programme d’échange), qui avaient des accents remarquables. J’avais montré à Vincent à sacrer en québécois et il m’avait appris à jurer à la française – un échange que sa mère n’avait pas apprécié. Puis, Driss Adrao, dont je n’oublierai jamais le nom après l’avoir vu l’écrire soigneusement sur un carton, petit garçon africain, inscrit en première année et qui portait le nœud papillon. Et, il y ceux que j’ai oubliés.

Alors que ce que j’appelle maintenant la commission de la honte Bouchard-Taylor vient 30 ans plus tard me gâcher le portrait d’ouverture que j’avais de mon Québec, Philémon rattrape tout en racontant les péripéties de l’héritière un soir de Ramadan… Moi, des histoires comme cela j’en veux tout le temps.

6 réponses pour “Le cœur a ses raisons…”

  1. Le coeur a ses raisons, oui. Et si on le laissait parler plus souvent, il n’y aura pas besoin d’accomodements dits raisonnables, ni de commission de la honte, comme tu la qualifies si bien!
    Merci pour l’histoire de Philémon, elle termine bien ma journée, sur un beau sourire!

  2. Aimer, c’est du cas par cas, on ne pense au groupe que représente quelqu’un, mais à la personne.

    Philémon… Quand il parle de l’héritière, il nous tire les larmes à chaque fois.

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