De la politesse et de la civilité

J’écoutais d’une oreille Christiane Charette et voilà que l’entretien avec la psychologue Dominique Picard retient mon attention. Elle parle d’un ouvrage récent – elle en signé d’autres sur le sujet – intitulé le Savoir-vivre contre l’incivilité. Ce qui est intéressant de la démarche de Picard, c’est qu’elle décode nos façons d’agir, la prescription versus l’usage, en portant une attention aux signes et au signifiant à la manière des sémiologues. Cela dit, je vous résume assez librement une partie de son discours.

Avoir des contacts avec les autres, expliquait-elle, c’est prendre le risque d’inviter des gens chez soi. Avoir des amis ou des contacts sociaux, c’est prendre le risque de ne pas savoir toujours comment s’exprimer, comment se comporter et d’être possiblement ridicule. Le respect de certains codes de politesse nous évite souvent ce ridicule. Parce que l’impolitesse nous rend vulnérable.

La politesse au fond, nous l’explique la psychologue, c’est de faire l’effort de comprendre l’autre dans la réciprocité. La politesse a un côté ségrégatif, car il y a ceux qui savent et ceux qui ne savent pas. La politesse n’est pas une morale, dit Dominique Picard, elle est une façon de faire dans les rapports sociaux. L’idée étant d’adopter le bon comportement au bon moment. Être poli, c’est modifier son comportement pour que l’autre se sente respecté. Dominique Picard donne comme exemple, l’ado qui aboie en parlant à ses amis et qui prend un ton plus bas pour parler à un adulte, montrant ainsi son respect.

Intéressant…