Un nouveau genre : la santé-fiction

Continuons donc dans la veine de la transmission des savoirs…

À ma grande surprise, lors d’’un banal examen, le médecin m’a dit que je faisais de l’’hypotension. J’’ai la pression basse si vous préférez. Moi qui passe mon temps à « googler » des petits malaises pour les relier à quelque grave maladie, j’’ai été très surprise. En bonne hypocondriaque, je me suis dit que cela me donnait au moins une raison valable de discuter de mes malaises et d’’en suivre l’’évolution.

En fait, je connais bien ce problème, puisque plus jeune j’’ai presque toujours eu une pression sanguine un peu sous la normale. Or, à la moindre émotion, j’’étais littéralement pâmée. Ça faisait bien rire mes copines qui ont souvent eu à me mettre les pieds sur un coussin tout en me faisant boire du thé. En ce qui a trait au « dating », ma vie sentimentale prenait des airs de drame littéraire, car au premier rendez-vous j’’étais presque toujours mal en point, nauséeuse et à deux doigts de l’’évanouissement. Je vous jure qu’’il en fallait de la patience pour avoir envie de me revoir. Et de même, je vivais des peines d’amour spectaculaires qui se manifestaient par des insomnies et une incapacité à garder quoi que ce soit dans mon estomac. Le chic, du chic. Un ami d’’université, poète de son état, me disait souvent qu’’avec mon sens du dramatique et mes talents de conteuse, je ferais une bonne écrivaine. Ouais.

L’’hypocondrie, comme je le disais à un virtuel compagnon de misère, c’’est de la santé-fiction. On se raconte des histoires, on s’’imagine à l’’article de la mort, on se met en scène et ça nous distrait de ce qui nous fout vraiment la nausée.