Essayer d’apprendre

J’arrive presque au bout de ce processus fort compliqué (surtout quand on travaille à plein temps) qu’est la rédaction d’un mémoire de maîtrise. J’ai repris le collier en 2005 et ai traversé pendant la recherche et la rédaction bon nombre de secousses personnelles : quatre déménagements, bientôt cinq, une séparation et quatre emplois dans deux villes. Combien de fois aurais-je souhaité m’y consacrer à plein temps ne serait-ce que trois mois pour en finir rapidement? Souvent. Mais à chaque fois le poids des responsabilités financières maritales me montrait en quelques semaines le chemin d’un poste en communications.

Le plus difficile n’aura pas été tous ces changements de vie, ils ont été des contretemps, comme les grèves de l’UQAM, les évaluateurs non disponibles au trimestre souhaité et tutti quanti. Non, le plus difficile aura été de faire comprendre à mon entourage qu’outre mes 40 heures par semaine et parfois plus, je devais travailler un minimum d’heures le soir et les week-ends. Avant chaque évaluation, je stockais des surgelés et des trucs faciles à cuisiner pour ne pas perdre de temps. J’avais parfois l’impression que pour autrui mon travail était une abstraction ou un passe-temps que je pouvais mettre de côté en tout temps pour recevoir et cuisiner somptueusement. Eh, bien non. Pour ne pas décevoir, je finissais par céder, puis je le payais en stress.

À plusieurs occasions au cours des dernières années, j’ai dû choisir entre me nourrir de pâtes, salades et de burgers (oui, les boulettes congelées du Choix du Président sont alors parfaites) ou passer des heures à cuisinier plutôt qu’à travailler sur mon petit projet. Et malgré mon penchant pour la bonne chère, j’ai choisi les burgers congelés et les pâtes au pesto.

Je ne le regrette pas aujourd’hui. En fait, je regrette seulement de ne pas avoir tenu mon bout plus souvent. Y’a pas à dire, si je veux peindre et écrire, je devrai mordre plus fort.

2 réponses pour “Essayer d’apprendre”

  1. Je te dis bravo ma chère! Difficile de jongler avec tant de balles à la fois. Et oui, il faut mordre fort pour se dégager un espace de liberté de création. Pis des fois, même en mordant, on se fait cerner par la bête et on capitule. Dur, dur.

  2. Il y a environ un an, j’avais décrété que c’était assez, que je n’avais plus la force, ça serait tant pis pour les projets laissés en plan… La pression, les « c’est le week-end, tu peux bien arrêter un peu », that is the name of the beast…

    Mais tu en sais quelque chose, avec des projets d’écriture, un chum et des enfants 😉

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