Des orchidées au bord de la fenêtre…

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By KoS (Own work) Public domain

Je viens de retrouver le cahier où j’avais noté tous les rendez-vous et adresses de ce stage que j’avais alors fait en Belgique avec mes copines de la maîtrise en histoire de l’art, Andrée et Josée. Nous nous connaissions depuis quelques années et l’idée nous était venue de profiter des programmes de l’AQWBJ pour voir du pays. Pourquoi j’y pense maintenant? Parce que mardi dernier, juste avant le tournage de l’émission de Dumont, mon amie Vivi m’a appelé et me demandait de la rappeler le plus tôt possible. Quand nous nous sommes parlées, elle m’a annoncé qu’Andrée était morte.  Je savais qu’elle avait vaincu un cancer et connu des ennuis de santé au cours des derniers mois, mais on y croit jamais tout à fait.

Sur le coup, je n’ai pas réagi, j’ai pleuré un peu et envoyé mes sympathies à son amoureux. Nous avons été amies presque 10 ans, puis une série de petits malentendus ont fait que nous nous sommes éloignées, puis d’un courriel à un déménagement, nous ne nous sommes plus données de nouvelles. Cela dit, nous évoluions dans le même milieu et elle avait rencontré son conjoint grâce à mes manigances (un complot que j’avais fomenté avec l’approbation de cette fille décidée) et au cours des années, malgré nos différends de filles, j’avais des nouvelles via nos amis communs et son chum.

Mardi, j’ai dormi d’un sommeil agité en rêvant à toutes ces folies que nous avions faites, du stage d’un mois en Belgique, à ce spectacle féministe monté à la hâte en 2000 pour un événement artistique, en passant par nos nombreux projets sérieux ou pas, comme arrêter de fumer (un échec à l’époque), démarrer un centre de documentation (une bonne idée mais qui nous a vite été enlevée) ou s’obstiner sur la sémiotique en buvant trop et en rêvant d’arrêter un jour de fumer. Dans mes rêves, j’entendais sa voix, comme si elle avait été là.

Quand je l’ai connu, elle avait 27 ou 28 ans et trouvait déjà le moyen d’être à la fois une étudiante zélée et articulée, comme une épicurienne convaincue qui avait toujours le truc pour allonger une sauce ou cultiver des fleurs sur une micro-terrasse tout en élevant deux chiens, un chat et quelques oiseaux. Je l’imaginais dans sa cinquantaine, revenir à l’histoire de l’art pure, tout en supervisant une serre de tomates et d’orchidées avec chiens et chats à sa suite.

Mercredi après une conférence à Québec, puis un souper du groupe Girl Geek Québec, je suis allée rejoindre mon amie Vivi et nous avons trinqué, à la vie et à celles qui restent…

 

 

9 thoughts on “Des orchidées au bord de la fenêtre…

  1. Ping : Nadia Seraiocco
  2. Ping : Nicolas Roberge
  3. Merci le Fred, tu l’avais aussi connue à l’époque du festival INM… C’est très triste pour F. qui perd la femme de sa vie 🙁

  4. Ping : Nadia Seraiocco

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