Je n’ai pas de plan de carrière, des buts personnels plutôt…

Dans un monde de business ou on parle de mentorat et coaching à qui mieux mieux, j’ai honte d’avouer que d’un bout de la lorgnette ou de l’autre, ça ne me dit rien. J’ai bien aimé participer à la démarche que propose Marie-Chantale Turgeon dans La vie est fascinante, mais les plans de carrière, très peu pour moi. Je n’ai jamais eu de coach ou de mentor et je ne souhaite pas en être un. Qu’auriez-vous à apprendre de mon parcours? Vous me le direz…

Encore 3 heures plus tard, après le montage au crayon, le grattage à la lame et le passage à la gomme arabique additionnée d'acide nitrique.

Une autre passion découverte sur le tard : la lithographie sur pierre… Vous voyez ici la pierre dessinée au crayon gras et grattée avec l’impresion

Ce week-end, je répondais à un sondage visant les diplômés de l’UQAM. Les questions portaient sur la disparité entre mon parcours et ma carrière actuelle, « ma formation en arts est-elle en cause? » demandait le questionnaire. Non, j’ai travaillé principalement en communication, car il y a plus d’appelés dans ce secteur que dans celui des institutions culturelles pour des postes de commissaires d’exposition ou de conservateurs de l’art moderne. On demandait aussi, si à titre de diplômé, j’aurais des besoins de coaching ou de mentorat ou encore si j’aimerais participer à des programmes dans ces domaines. J’ai répondu «non». Je me permets de douter de ma patience à l’égard de ce type de démarche…

La vie est une série d’apprentissages (à moins d’être rigide et fermé)

Je crois fermement qu’on ne cesse jamais d’apprendre, sauf si avec l’âge on devient rigide et opposé au changement, alors c’est foutu. Si l’on m’avait demandé il y a 20 ans, où je me voyais dans la quarantaine, je n’aurais jamais pu imaginer le chemin que j’ai parcouru jusqu’à maintenant. Depuis mon enfance, une seule chose a toujours importée : l’art et la littérature. J’imaginais qu’adulte je serais peintre et que j’écrirais des romans. J’ai commencé à peindre vers 7 ou 8 ans, j’ai étudié en arts visuels au cégep, puis en littérature française à l’université. Comme je veux toujours apprendre autre chose, après le baccalauréat en littérature, j’ai fait un certificat en enseignement collégial, puis un autre en histoire de l’art. En plus d’une maitrise en études des arts de l’UQAM, j’ai même presque complété un diplôme de deuxième cycle à HEC…

Mais en secret, je rêve toujours d’être peintre et de publier mes petites fictions.

Communication et médias sociaux? Parce que j’aime apprendre.

Difficile de cacher son âge quand on a connu le floppy...

Difficile de cacher son âge quand on a connu le floppy…

Pourquoi les communications et les médias sociaux? J’étais doué pour les exposés et les présentations depuis le primaire et dès que les ordinateurs ont fait leur apparition la fascination de l’écran m’a gagnée. En 1987, mes parents ont acheté un Packard-Bell avec floppy disks et je me suis mise à passer plus de temps sur cet écran noir et jaune que tout notre famille. Dès que le Web a été disponible dans les universités, j’ai commencé à m’y intéresser sans même penser à ce que cela pourrait avoir comme impact dans une carrière. À cette époque, ça me garantissait surtout des contrats de mise en page de documents et de recherche, car peu de gens savaient utiliser les ordinateurs.

J’ai ensuite commencé à travailler pour des organismes culturels, où mon talent ou instinct pour faire la promotion d’un événement à été vite repéré. Je faisais de la radio, j’ai même écrit pour Voir et pour plusieurs magazines spécialisés en arts visuels. Mon talent à rédiger des pré-papiers ou des critiques (pas trop sévères pour ne pas nuire aux ententes publicitaires) n’avait rien d’exclusif, aussi charmante que ma plume puisse être, ce sont donc plutôt mes compétences en relations avec les médias qui dès 2000 m’ont apporté de plus d’offres d’emplois.

Comment trouver un job? Euh, en essayant…

Un jour, Paul Wells, un ami connu quand j’étais relationniste du Festival d’été, à qui je disais que j’étais chanceuse côté boulot, m’a dit «those who work the harder, get the luckier». En fait, je serai honnête avec vous, depuis 2001, je n’ai pratiquement jamais suivi de processus d’emploi avec cv, entrevue-s, tests et tutti quanti, sauf pour le poste d’agente principale des relations médias au Musée des beaux-arts du Canada en 2005 –nouvellement arrivée à Ottawa, j’ai répondu à une annonce – et pour celui RECYQ-Québec (j’avais vu le poste temporaire affiché sur leur site), pour les autres, des chasseurs de tête ou des consultants des organisations m’ont demandé de postuler. Cela dit, je n’arrête jamais de bloguer, de participer à des comités, de faire du bénévolat pour des organismes culturels, c’est probablement lié à cette chance côté boulot.

Comme il y a toujours une exception, j’ai aussi suivi un processus d’offre d’emploi pour un job en communication à la SODEC en 2011 sans avoir été sollicitée et après avoir réussi les tests de rédaction, passé les entrevues, je n’ai pas eu le poste. J’avais pourtant cosigné un livre sur les médias sociaux, été relationniste d’une grande institution culturelle canadienne, travaillé pour une société d’État québécoise et fait mes preuves à la ville de Montréal comme porte-parole. Faut-il en déduire qu’être reconnue dans son domaine ne garantit pas toujours un job? Probablement.

Enseigner ou dispenser de la formation contient une forme de mentorat

J’adore dispenser de la formation et enseigner, car l’apprentissage est tout autant pour moi que pour les étudiants qui assistent aux cours. Les démarches de mentorat me rebutent, car je ne crois pas beaucoup au transfert d’expérience par des conversations. Dans un rapport de travail, oui, dans un cours où les évaluations sont bien pensées oui, mais en mentorat ou en coaching, ça ne me dit rien, ça me parait artificiel. Peut-être n’aie-je juste pas la générosité nécessaire (quoique mes étudiants pensent peut-être autrement), mais il m’est arrivé même dans des démarches de coaching ou j’étais rémunérée de trouver le tout plutôt factice. J’ai même eu de très fâcheuses expériences où des personnes sont devenues très exigeantes dans leur demande de coaching, au point où j’ai eu l’impression que non seulement elles n’avaient pas encore les connaissances nécessaires pour accomplir une tâche, mais qu’elles se reposaient entièrement sur moi pour exécuter leur mandat.

Un guide de vie? Peut-être…

Je crois à la formation de la personne, à l’idée que par l’enseignement ou la formation on peut transmettre la passion de savoir et de se développer professionnellement et personnellement.

Par ailleurs, j’ai un ami, ex-collègue de Québec New York, Roch Landry qui pratique le coaching de vie, ça lui va à ravir, car il a cette capacité de se réinventer à chaque décennie. Je l’ai connu chargé de projet et entrepreneur dans le secteur alimentaire, puis artiste peintre. C’est peut-être le seul coach que je consulterai quand je déciderai enfin de me consacrer à la peinture…