Petite analyse de cas « Affaire Dutrizac », comme on l’appelle

En lisant le commentaire de Marc Snyder (voir entrée précédente) qui présumait, puisque cela tombait sous le sens, que Télé-Québec avait dû faire deux annonces officielles, j’ai fait la vérification et aucune annonce officielle, du moins par écrit, n’a été faite. Pour éviter un pareille dérapage, il aurait fallu bien évidemment suivre les étapes que Marc pose dans son commentaire, mais un petit effort de communications internes aurait aussi été indiqué.

Télé-Québec parmi les 30 entreprises les plus admirées au Québec pour la qualité de sa programmation, son service à la clientèle et la proximité avec son public. Ceci est le titre d’un communiqué que l’on trouve sur le fil de presse du gouvernement du Québec et sur CNW où sont publiés les communiqués de Télé-Québec. Que s’est-il donc passé pour qu’une entreprise « performante » laisse une situation aussi dommageable pour son image que celle de l’affaire Dutrizac se régler d’elle-même ?

Lorsque les employés d’une entreprise sont journalistes, animateurs ou tout simplement qu’ils ont un statut de vedettes ou d’experts qui leur permet d’obtenir l’attention des médias facilement, l’entreprise doit être prudente. Chers directeurs d’organismes publics, qui coule de l’info aux médias sur vos décisions les moins appréciées ? Vos employés. Ce qui veut dire, que même en désignant les portes-paroles potentiels, vous risquer toujours qu’un employé commente, souvent seulement pour répondre à une question sur le vif. C’est pourquoi, il est important lorsqu’on gère des gens comme Dutrizac et Martineau de bien les informer, puis d’informer les médias des décisions que vous avez prises.

Dans le cas des Francs-tireurs, il aurait fallu rencontrer les animateurs ensemble ou séparément selon leur degré de connivence, puis faire de même avec l’équipe. On met ses cartes sur table, puis on demande aux gens de l’équipe, soit les salariés ordinaires, de ne pas commenter l’affaire. On sait très bien que museler Dutrizac ou Martineau sera impossible, voire non souhaitable, alors on essaie seulement d’avoir un consensus. Dutrizac aurait sûrement résisté, présenté une autre version des faits, mais les journalistes auraient pu choisir et comparer les versions.

Dans ce scénario, Télé-Québec aurait eu la part belle, celle de l’entreprise capable de faire face à ses décisions. On aurait compris que Dutrizac n’est pas content – qui le serait à sa place ? – Martineau aurait livré des messages plus clairs aux médias et la machine à rumeurs ne se serait pas emballée.

Par ailleurs, dans la littérature portant sur la psychologie du travail, on dit que lorsque les rumeurs et les potins vont bon train dans une entreprise, c’est que les communications sont insuffisantes et cela peut indiquer que le climat est brouillé.

3 réponses pour “Petite analyse de cas « Affaire Dutrizac », comme on l’appelle”

  1. Salut,

    Je ne voulais pas spécifiquement dire qu’il y avait eu deux communiqués d’émis au sujet de l’Affaire Dutrizac mais bien que l’histoire avait été sortie tellement tout croche que je n’étais même pas sûr s’il y avait une ou deux annonces.

    La confusion était telle que les divers chroniqueurs ont traité la/les nouvelle(s) différemment pendant une couple de jours.

    Michelle Coudé-Lord, dans Le Journal de Montréal du 3 mai, écrit:

    Télé-Québec tire sur son franc-tireur

    Benoit Dutrizac a été congédié par Télé-Québec. Fini Les Francs-tireurs. Les patrons de la télévision publique du Québec veulent apparemment passer à autre chose. Hier, ils niaient tout conflit de personnalités avec leur star Dutrizac, qui fut fort bon pour la maison en cotes d’écoute.

    Déclaration laconique hier de Télé-Québec: «Sept ans de télévision, c’est très long ; nous avons donc demandé il y a quelques jours à Zone 3 des propositions de remplacement aux Francs-tireurs. Richard Martineau pourrait en faire partie, cela dépendra de Zone 3», indiquait hier au Journal de Montréal Pierre Sheridan, porte-parole de Télé-Québec.

    Le même jour, Louise Cousineau dans La Presse écrivait:

    Benoît Dutrizac flushé des Francs-Tireurs

    Louise Cousineau

    Benoît Dutrizac n’avait pas hésité à tirer sur la direction de son employeur, Télé-Québec, à son passage à Tout le monde en parle en novembre dernier. Le franc-tireur a réalisé jeudi dernier qu’il s’était aussi tiré dans le pied: Télé-Québec ne veut plus de lui.

    L’émission Les Francs-Tireurs reviendra l’automne prochain, probablement avec le même titre, toujours avec Richard Martineau, toujours produite par Zone 3, mais sans Benoît Dutrizac. On en profitera pour rafraîchir la formule, en ondes depuis sept ans, a dit le producteur Michel Bissonnette, qui ajoute que l’équipe a beaucoup de talent. On cherche un nouveau journaliste pour former un duo avec Richard Martineau.

    Dans Le Devoir du même jour, Paul Cauchon écrit:

    Selon la version officielle transmise par un porte-parole de Télé-Québec (car la direction de la chaîne ne voulait pas parler directement aux médias), «après sept ans, Télé-Québec entend remplacer l’émission par un autre magazine similaire, et nous avons demandé à Zone3 de nous faire des propositions». (…)

    Mais, même sur cette question, la confusion régnait hier, puisque chez le producteur, la disparition des Francs-tireurs ne semblait pas définitive : le producteur travaille ou bien sur une nouvelle version de l’émission avec Richard Martineau flanqué d’un autre animateur, ou bien sur un autre projet d’émission.

    Richard Martineau, coanimateur des Francs-tireurs avec Benoît Dutrizac, se faisait prudent : «C’est un conflit personnel entre Télé-Québec et Benoît, je suis spectateur là-dedans», a-t-il indiqué.

    En tous les cas, je pense qu’on peut s’entendre pour dire que ce n’est pas un modèle de gestion de crise.

    MS

  2. À mon avis, il n’y pas vraiment d’annonce officielle, dans la mesure où les chroniqueurs télé ont été cherché l’information eux-mêmes, sans avoir été approchés par Télé-Québec. C’est ce qui fait que les déclarations qu’on retrouve dans les papiers de Coudé-Lors, de Cousineau et autres, ne présentent pas les mêmes faits. De toute évidence, la nouvelle du congédiement de Dutrizac est arrivée en premier, puis les chroniqueurs ont demandé de l’info. En n’ayant pas de déclaration officielle – faite soit par communiqué ou verbalement à chacun, bref une stratégie – l’info a été diffusée au compte-goutte et les gens se sont fait chacun une opinion sur le sujet.

    Cela dit, peu importe l’angle que nous prenons, nous arrivons au même résultat : l’approche de Télé-Québec a crée une crise qui a été très mal gérée… Surtout quand on considère que le message a varié légèrement, passant de la possible reprise de l’émission avec un nouveau chroniqueur, à son retrait de la grille horaire et tout cela, semble-t-il sans discussion avec l’animateur restant, Martineau.

    Avec la mise en page de Marc, je vois un peu plus la constance d’une annonce fait en filigranne par T.-Q. Mais quand il faut mettre ainsi chaque phrase en exergue, c’est un effort que le lecteur ne fait pas. Et en plus, la force du message est très diluée…

  3. Les humoristes et les « franc-parleurs » ne savent pas se retenir par manque de réflexion, de tact et de culture. La vulgarité et l’insulte ne sont pas de mise dans les médias ou l’expression publique. Si on dit « idiot,stupide, imbécile », on a insulté. Mais si on dit: « l’islam tel qu’on nous le présente dans les textes et tel que nous le voyons appliqué par ses adeptes autorisés selon les recommandations des ‘sages’les plus éminents, est en contradiction totale avec les fondements de notre société basée sur la dignité et le respect de la personne humaine; il est donc stupéfiant qu’on admette au Canada en 2005, que des contraintes et des pratiques d’un autre âge- correspondant aux temps où nous étions dans la barbarie , l’inculture et la grosse connerie stupide- soient appliquées à des enfants en contrevenant à leur santé et à la sécurité de leur personne; » on a enveloppé. Mais il peut venir dans l’esprit de l’auditeur ou du lecteur les notions de connerie, de stupidité… mais c’est dans sa tête.On ne l’a pas dit! On a émis un jugement argumenté.

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